Dubrovnik-Mjlet-Dubrovnik
Les voyageurs qui débarquent à Dubrovnik ont placé très haut leurs attentes. Il est vrai qu’on ne visite pas tous les jours la « perle de l’Adriatique »… Et bien, on peut dire que, même sous un temps peu clément, la ville reste à la hauteur de sa réputation. En effet, après des siècles d’existence, deux tremblements de terre et de nombreuses attaques (la dernière portée lors de la guerre de 1992-1995 en ex-Yougoslavie), la vieille ville semble relativement intacte (seul l’œil averti remarquera les différences de couleurs des tuiles des toits ayant dû être restaurés). Il faut dire qu’elle est protégée par d’impressionnants murs de pierre. Faire le tour de ces fortifications fut pour nous le clou de la visite. Durant plus de deux heures, nous avons parcouru les chemins de ronde, scruté les bateaux au large, observé les monuments et les habitations depuis les hauteurs, découvert des détails insoupçonnés. Tout cela, à l’abri des groupes de touristes sans doute trop pressés par un timing serré pour se permettre un tel vagabondage. Comme il fallait redescendre sur terre, nous en avons profité pour visiter certains de ces monuments découverts depuis les remparts: la plus ancienne pharmacie d’Europe toujours en activité depuis 1391, des cloitres plantés d’orangers, une synagogue, une église orthodoxe, un collège jésuite…
Après ce parcours citadin et avant notre longue route vers Istanbul, nous avions besoin de prendre un peu le large: direction Mjlet.
Mjlet, un nom qui sonne bizarre et un choix qui semble saugrenu. Pourquoi aller se perdre sur une île à deux heures de ferry de Dubrovnik? On se le demande d’autant plus lorsque, à l’arrivée du bateau, on n’aperçoit sur le quai qu’un bar et une guérite d’information désertée depuis la saison dernière. Heureusement, un bus attend tout de même les quelques passagers que leurs proches ne sont pas venus chercher. Et c’est parti pour une traversée épique de l’île dans un bus aux couleurs de Dubrovnik décidément pas conçu pour grimper les côtes abruptes, négocier les épingles de la route ou desservir les villages aux ruelles étroites. Après une heure de route sur ce gros rocher verdoyant aux paysages surprenants, on atteint Pomena, c’est a dire un minuscule port de pêche et de plaisance. Rien de superflu et tout ce dont nous pouvions rêver: quelques maisons les pieds dans l’eau, une mer étale et transparente (pratique pour repérer les oursins!), un club de plongée, des vélos pour partir a la découverte des criques et deux lacs salés, un coucher de soleil a faire pâlir celui de Zadar… Notre petit paradis pour le temps qu’on voudrait, le pied quoi!