Göreme
La Cappadoce est une région de vallées. Mais oubliez tout de suite la première image qui vous vient à l’esprit et faites appel à votre imagination en prononçant leurs noms: White Valley, Roze Valley, Red Valley, Pigeon Valley, Love Valley. Vous êtes en bordure d’un canyon, dessinez des formations rocheuses aux formes insolites et parfois incongrues, ajoutez quelques églises troglodytes ornées de fresques, plantez de hauts peupliers dressés vers le ciel et colorez le tout d’ocre, de sable, de rose et de vert et vous y serez presque.
Si vous allez un jour dans cette région, faites la sourde oreille aux propositions des agences de tourisme et perdez-vous simplement dans ces vallées! Ce sera d’autant plus facile que les autorités locales ont décidé de ne distribuer qu’une seule carte dont l’échelle est variable et la précision plus que discutable. Et de toute façon, il n’y a pas de raison de s’inquiéter puisque comme m’a dit le préposé de l’office du tourisme: « If you think you are lost, do not panic. Just walk a bit further. You will always arrive somewhere ».
Forts de ce conseil, nous sommes partis pour les Red et Roze Valleys. A peine vingt minutes après avoir quitté la route principale nous étions déjà perdus. Le chemin que nous suivions semblait longer le canyon plutôt que d’y plonger. Afin de trouver quelqu’un susceptible de nous aider, nous avons suivi une route de terre bordant un champ et avons atteint la falaise. En regardant en contrebas, nous avons découvert la maison d’été de Mehmet. Construite dans la colline et donnant directement sur la vallée, elle semblait naturellement intégrée au paysage. En guise de jardin: quelques pieds de vignes, un petit potager, un abricotier et un mûrier.
Lorsque nous sommes arrivés Mehmet y travaillait au son d’un poste de radio diffusant de la musique classique. Dès qu’il nous a aperçu, il nous a proposé de nous installer un moment à l’ombre pour boire un çay. Tout en sirotant son thé généreusement sucré (pas moins de 4 morceaux…), il a pris le temps de nous expliquer sa philosophie de vie. Après 25 ans dans l’hôtellerie, il avait pris sa retraite et s’occupait en prenant soin de son jardin et de ses vignes, en plantant des arbres fruitiers devenus rares en Cappadoce et en guidant une ou deux fois par semaine des touristes français dans des coins secrets connus de lui seul. Il ne voyait pas d’un très bon oeil le développement touristique trop rapide de Göreme, regrettait les prix excessifs pratiqués par les organisateurs de tours en montgolfière (150 euros par personne pour une heure!) et faisait la guerre aux loueurs de quads, ces engins trop bruyants et polluants. Bref, un adorable hédoniste amoureux de sa région et profondément attaché a sa terre.
Il nous a proposé de revenir prendre un verre de vin avec lui pour admirer le coucher du soleil et c’est avec regret que nous avons dû décliner son offre. Nous quittions ce lieu magique le soir même pour une nouvelle destination.
Lieu: Göreme
Mes étoiles:
Un des seuls hôtels qui propose des prix raisonnables et une piscine. Vue superbe pour les chambres du haut. Downside: Internet gratuit mais souvent full, patron un peu sur les nerfs. 20 euros la chambre double avec le meilleur petit déjeuner de Turquie...