Bruxelles
Bonjour,
Tout d’abord, merci pour l’intérêt que vous nous portez. Cela nous fait plaisir de constater que notre site a une audience toujours plus grande et que notre histoire touche certaines personnes.
En fait, notre situation est un peu particulière. Nous avons tout quitté pour un projet de tour du monde qui nous tenait à cœur depuis longtemps. Nous avons démissionné de nos postes respectifs en Suisse, rendu notre appartement, revendu notre voiture et organisé notre déménagement vers la Belgique d’où nous sommes originaires. Le début du voyage s’est merveilleusement bien déroulé. Nous étions sur la même longueur d’ondes, profitions pleinement de chaque instant. Cette vie d’aventuriers nous a rapproché même si nous nous connaissions déjà depuis huit ans. C’était parfois déstabilisant. En effet on n’a pas l’habitude d’être à ce point libre de construire son propre programme jour après jour. De mon côté, j’avais très peu organisé le voyage, refusant de lire les guides ou de planifier certaines étapes. Je ne sais pas pourquoi. L’envie me manquait et je pense qu’une grande partie de la magie du voyage tient aux imprévus. C’est le voyage qui vous fait et vous défait. Maïté a tout même dû me recadrer un peu lors de la course aux visas. Il faut un minimum de discipline et de planification pour pouvoir entrer sans trop de problèmes ou de délais dans des pays comme l’Iran, le Turkménistan ou le Tadjikistan.
Le plaisir des découvertes, des rencontres et des échanges grandissait tous les jours mais après quatre mois de rêve, j’ai commencé à ressentir une douleur au genou gauche. Celle-ci a progressivement rendu nos longues marches de plus en plus difficiles. Faute d’hôpital international, nous avons continué le périple autant que faire ce peut. N’y tenant plus je me suis fait examiner à Tashkent ou le médecin suggéra un rapatriement d’urgence vers la Belgique. Le but du voyage étant de faire le tour complet du monde, de boucler la boucle, ce retour a été un vrai déchirement pour tous les deux. Le fait de rentrer était plus dur à supporter que la douleur elle-même. On avait l’impression d’avoir échoué…
En Belgique, le moment le plus difficile de ma vie allait arriver. Le médecin m’annonça que ma suppose fracture était une tumeur maligne, un ostéosarcome. Depuis le mois de septembre je suis sous chimiothérapie et j’ai subi une grosse intervention chirurgicale.
Je pense que ce voyage nous a aidé à tenir le coup dans cette épreuve. Il constitue une réserve inépuisable de force et de souvenirs pour notre couple. Nous nous sentons plus forts. C’est d’ailleurs au Turkménistan que nous avons décidé de nous engager pour la vie, nous nous sommes fiancés au beau milieu du désert le 13 juillet.
Nous continuons à alimenter la rubrique « news » de notre site internet (www.mouvance.be) même si les premières communications après le voyage furent laborieuses. Difficile de raconter une histoire comme celle-ci au milieu de photos de rêve.
Maïté et moi avons fait un rêve… Celui de repartir sur la route. Sans doute sous d’autres formes que celle de notre voyage précédent. Il est des rêves qui vous tiennent en vie.
Le 26 février, jour de l’enregistrement de l’émission de France 5, je serai à l’hôpital pour poursuivre les traitements… Il nous sera donc difficile de témoigner. Venant d’une famille d’aventuriers, je vous signale que ma sœur et mon beau-frère ont également un beau voyage à leur actif. Il s’est déroulé il y a deux ans et est raconté sur leur site personnel (www.hittheroadjackac.com).
Jean-François